Feuille de route de Dash : Evan Duffield parle

Le lièvre et la tortueEvan Duffield, fondateur de Dash, a publié le 26 juin 2017 le premier communiqué d’une série présentant la feuille de route de Dash — et notamment la future mise à jour majeure Evolution. Il s’agit d’un article volontiers technique, mais dont la conclusion s’adresse à tous :

« Nous construisons un réseau financier mondial capable de mettre l’argent de chaque individu sous son contrôle direct, sans intermédiaires. Nous bâtissons Dash Evolution parce que nous croyons qu’il répond à un besoin et qu’il sera une richesse pour la société. Nous ne le construisons pas pour devenir riches. N’ayant pas de motivations de profit à court terme, nous ne devons pas mettre de manière précipitée un produit inachevé sur le marché. […] En dernière instance, c’est à des clients habitués aux formules traditionnelles de banque et de paiement que nous nous adressons. Ils ne seront pas forcément attachés à la décentralisation ; ils voudront plutôt un logiciel qui “fonctionne, simplement”, et qui fonctionne tout le temps. C’est, en dernier lieu, ce groupe d’utilisateurs que nous devons toujours garder à l’esprit en concevant et mettant en œuvre Dash Evolution. »

Dash France a traduit l’intégralité de cet article de fond, à l’attention du lectorat francophone. Pour le lire, il suffit de cliquer ici !

Un communiqué d’Evan Duffield sur la feuille de route de Dash

Evan Duffield, fondateur de DashEvan Duffield, fondateur de Dash, a publié le 26 juin 2017 le premier communiqué, volontiers technique, d’une série présentant la feuille de route de Dash — et notamment la future mise à jour majeure Evolution. En voici la traduction intégrale par Dash France, à l’attention de la communauté francophone.


Bonjour à la communauté Dash !

Tout au long de l’année dernière, Andy Freer et son équipe ont préparé un programme complet pour le lancement de Dash Evolution. En raison de la grande quantité de travaux fondateurs et des énormes enjeux impliqués, nous avons pris soin de ne pas divulguer trop d’informations au début du projet. Nous ne voulons pas donner d’avantage à la concurrence, ni faire de promesses sans savoir si elles peuvent être tenues.

Nous avons débuté la conception d’Evolution par une série de prototypes rapides. Ces prototypes ont montré les principaux concepts du portefeuille et son mode de fonctionnement. Plus récemment, nous avons commencé à utiliser DIPS, Dash Improvement Proposals [Propositions d’Amélioration de Dash], pour nous doter en interne d’un processus très précis de création, de planification et de mise en œuvre de Dash Evolution.

Tous les éléments conceptuels ont été achevés il y a quelques semaines, et j’ai pu servir de conseiller à Andy et son équipe. Alors qu’approchait la fin de cette étape, c’est avec enthousiasme que j’ai sauté dans un avion à destination de Hong Kong, pour y voir Andy et d’autres membres de la communauté qui y résident. Dès mon arrivée, j’ai réétudié tout leur programme et aidé à élaborer le plan le plus complet et global à ce jour. Ce programme couvre, littéralement, jusqu’au moindre détail de l’architecture d’Evolution, de son économie, de tout son fonctionnement et de la façon dont elle sera mise en œuvre.

Je suis heureux d’annoncer qu’après plusieurs jours de planification, de rencontres et de documentation, nous avons terminé la version définitive de la feuille de route de Dash Evolution et de son programme de mise en œuvre. Ce programme rebat toutes les cartes et transforme notre réseau : d’un petit acteur mineur dans l’industrie, il deviendra le tout premier réseau capable de concurrencer directement les réseaux de paiement les plus importants. Nous pourrons concurrencer les cartes de crédit à leur niveau propre, atteindre leur volume de transactions mais avec des frais moindres et des solutions simples à utiliser — et nous ferons tout ceci en conservant une décentralisation complète.

Voici quelques nouveaux concepts que j’aimerais mettre en avant :

  • Masterblocks (blocs-maîtres) : la bascule, pour la liste des masternodes, d’un consensus logiciel à un consensus matériel.
  • Parts de masternode : la possibilité pour les déposants de gagner des intérêts et de voter à partir de masternodes partiels.
  • Passage à des blocs ultra-larges : un programme exhaustif pour concevoir du matériel et des logiciels assurant le passage de blocs de 2 Mo jusqu’à une taille de 400 Mo.
  • Transitions d’état : le traçage des changements dans DashDrive.
  • Fonctions de maintenance du réseau : l’utilisation de la technologie des quorums pour élaborer des fonctions administratives, ce qu’on peut comparer à une crontab (table de planification horaire) décentralisée qui mettra DashDrive à jour.
  • Objets de gouvernance : tous les objets requis pour le lancement sont déterminés et ils fonctionnent en stockant l’information utilisateur de manière sûre et efficace.
  • Système de crédit : un système de crédit/débit pour des charges de travail incrémentielles relatives au stockage des données et à la puissance de calcul utilisateur.
  • Nouvelle structure de frais : des frais inférieurs deviendront économiquement viables.

Ce modèle est fonctionnel d’un point de vue économique, sera pleinement rétribué à tous les niveaux et mis en œuvre par des améliorations continûment apportées au réseau. Notre programme s’appuie fortement sur des concepts de masternode tels que le cautionnement, les actions basées sur quorum et notre réseau optimisé à deux niveaux. Nous construisons Evolution de telle manière que, pendant sa croissance, Dash conserve son avantage sur le marché. Au fur et à mesure, nous peaufinerons et implémenterons chaque composant individuel, avec une mise à l’échelle efficace et en nous assurant un avantage concurrentiel irrattrapable.

Nous sommes bien au-delà de tous les autres projets dans la cryptosphère, ayant été grandement aidés par notre gouvernance décentralisée et notre système budgétaire. Avec celui-ci, nous avons pu (et continuerons à pouvoir) rémunérer les meilleurs talents pour concevoir et mettre en œuvre chaque composant, sans tomber dans des méthodologies centralisées guidées par la seule recherche du profit, qui n’aboutissent qu’à des goulets d’étranglement et à de possibles points de vulnérabilité.

Nous suivons une stratégie de développement incrémentiel qui nous permettra de sortir Evolution en de multiples étapes. Chaque nouvelle phase de développement visera à une croissance de facteur 10 en termes d’utilisateurs, tout en incorporant de nouvelles fonctionnalités telles que les parts de masternode sans tiers de confiance [trustless], le mélange à l’aveugle et les blocs ultra-larges avec des temps rapides de propagation.

Nous construisons un système capable de gérer des quantités massives de trafic utilisateur et de soutenir un nombre très élevé de transactions par seconde. Nous prévoyons qu’un tel changement d’échelle exigera que les masternodes tournent sur du matériel spécialisé, construit spécifiquement pour le réseau Dash. Nous sommes en train de concevoir ces équipements, d’une façon décentralisée et transparente. En concevant et créant ce matériel nous-mêmes, nous nous assurerons qu’il répondra aux besoins du réseau tout en garantissant le plus haut niveau de sécurité.

Le programme qui suit est ce qui rendra Dash Evolution possible, lui permettant de gérer des millions d’utilisateurs en l’espace de quelques années. Evolution permettra à Dash de devenir la première monnaie numérique à atteindre un marché de masse. Nous y parviendrons tout en conservant une décentralisation complète. Nous ajouterons aussi d’importantes fonctions de sécurité qui, jusqu’ici, ont dû rester confidentielles.

Cautionnement, quorums et DashDrive

Chaque partie de Dash Evolution sera renforcée en n’autorisant que des actions spécifiquement approuvées à avoir lieu sur le réseau. Par exemple, nous utiliserons la première base de données décentralisée avec une structure de données entièrement lisible et éditable, stockée à travers le réseau dans une base de données fragmentée. Tout cela est sécurisé par ce concept que nous appelons le cautionnement, ainsi que par les quorums. Chaque écriture dans la base de données exige qu’une série pseudo-aléatoire de masternodes, appelée quorum, approuve et signe un message. Si la majorité du quorum se met d’accord, l’objet d’écriture est incorporé à ces signatures de masternode et répercuté en interne à DashDrive. En utilisant les quorums de masternode, nous garantissons que notre réseau est à l’épreuve des attaques Sybil. Toute tentative d’attaquer le réseau réclamerait à l’attaquant de contrôler un nombre énorme de masternodes, ce qui serait d’un coût prohibitif.

Les quorums eux-mêmes sont renforcés par des hachages de preuve de travail qui constituent la “graine” de la fonction randomisante des quorums. Pour attaquer ce système, on devrait soit disposer d’une quantité énorme de dashs (pour attaquer directement les quorums) ou d’une vaste quantité de puissance de minage (pour modifier la graine de hasardisation). Nous prévoyons le fait que l’une ou l’autre de ces attaques serait atrocement chère et dispendieuse. En raison de l’importance de ces graines aléatoires, notre florissant marché ASIC et une future condition de cautionnement pour le minage deviennent d’importants éléments fondateurs du succès et de la sécurité de notre produit.

J’ai toujours été opposé à toute bascule vers une méthode de consensus par preuve d’enjeu [proof of stake] en raison des problèmes de sécurité potentiels. Au cours des recherches pour Evolution, il est devenu clair que la seule façon de mettre en œuvre de manière sécurisée une technologie à base de quorums est d’utiliser notre modèle hybride de preuve de travail (minage) et de preuve de service (masternodes). Les concurrents qui sont passés à la preuve d’enjeu devraient songer à revenir à la preuve de travail pour renforcer leurs hachages, si jamais ils souhaitent utiliser la technologie des quorums. Sans preuve de travail pour fournir une couche supplémentaire de sécurité, de tels systèmes sont vulnérables à plusieurs modes d’attaque différents.

Un processus de vote démocratique

Toutes les actions sur le réseau sont menées selon un processus de vote démocratique, où les masternodes à cautionnement sont les seuls membres autorisés à voter sur les questions de réseau. De manière additionnelle, les utilisateurs finaux obtiendront eux aussi la possibilité de s’exprimer sur les questions de réseau en déposant de l’argent sous forme de parts de masternode sans tiers de confiance. Cela donnera aux déposants un droit d’influer sur la direction du réseau, dans une distribution égale de pouvoir et d’influence sur le réseau lui-même. En rendant possibles les parts de masternode via les comptes d’épargne, nous baissons le seuil requis pour participer à la gouvernance, et nous diminuons le pouvoir des détenteurs importants de masternodes. Cela rendra notre réseau encore plus décentralisé.

Une structure d’équipes sans but lucratif

Nous sommes résolus à conserver un état d’esprit sans but lucratif, dans lequel les individus sont payés pour le travail qu’ils accomplissent sans qu’une organisation entrepreneuriale ne prélève une part des profits. Nous nous organiserons en de multiples petits groupes, chacun avec sa propre structure de gestion, ses propres protocoles administratifs, stratégies, missions, objectifs et projets. Ces équipes seront payées directement depuis notre blockchain. Cela décourage les comportements de recherche de profit, puisque le financement est garanti par le réseau tant que les étapes successives sont atteintes. Cette structure est robuste, et chacun, de n’importe quelle équipe, à tout moment, peut être licencié par le réseau lui-même. Cela permettra d’ôter chirurgicalement les points d’infection du projet, et empêchera la fragmentation de la communauté sur le long terme, tout en permettant la croissance exponentielle de notre personnel mondial.

Les applications logicielles du réseau Dash

  • Démon Core (Core daemon) : c’est le démon principal qui accomplit la plupart du travail sur le réseau. Il relaie les blocs, il valide les blocs et les transactions et, en dernière instance, il est responsable de la maintenance du registre de la blockchain.
  • DAPI (Decentralized Application Programming Interface) : c’est l’interface de troisième niveau qui permet à nos utilisateurs extérieurs d’établir une connexion au réseau et d’accéder aux services à distance, sans devoir télécharger et valider eux-mêmes de larges volumes de données.
  • DashDrive : c’est là que nous stockons les informations d’objet utilisateur sur le réseau, de façon décentralisée et sûre. Seuls ceux avec les autorisations adéquates peuvent mettre à jour les différents types de données.
  • ADAPI : nous utilisons un routage de type “onion” pour accéder de manière sûre et anonyme aux services de DAPI, permettant aux utilisateurs de garantir leur confidentialité si souhaité. Ce processus est utilisé automatiquement dans notre nouvelle implémentation de “Privacy”, une version de pointe, améliorée, de PrivateSend.

Équipes & bureaux

Je dirigerai moi-même notre nouveau bureau à Hong Kong, nommé “Dash Labs”. Nous commencerons sans attendre à construire des prototypes de matériel spécifique pour masternode. Nos bureaux existants en Arizona serviront aux recherches théoriques. Ces recherches viseront à établir le bon fonctionnement de nos idées et à détecter proactivement les problèmes avant qu’ils n’apparaissent.

Éthique et philosophie de Dash

Nous construisons un réseau financier mondial capable de mettre l’argent de chaque individu sous son contrôle direct, sans intermédiaires. Nous bâtissons Dash Evolution parce que nous croyons qu’il répond à un besoin et qu’il sera une richesse pour la société. Nous ne le construisons pas pour devenir riches. N’ayant pas de motivations de profit à court terme, nous ne devons pas mettre de manière précipitée un produit inachevé sur le marché. Nous sommes en train de constituer une équipe de contrôle qualité qui évaluera entièrement le logiciel et s’assurera qu’il répond à une norme de disponibilité de 99,999%. En dernière instance, c’est à des clients habitués aux formules traditionnelles de banque et de paiement que nous nous adressons. Ils ne seront pas forcément attachés à la décentralisation ; ils voudront plutôt un logiciel qui “fonctionne, simplement”, et qui fonctionne tout le temps. C’est, en dernier lieu, ce groupe d’utilisateurs que nous devons toujours garder à l’esprit en concevant et mettant en œuvre Dash Evolution.

Evan Duffield

Le lièvre et la tortue

Le réseau des masternodes Dash : une réponse aux critiques, par Eric Sammons

DashBrainLe très fécond Eric Sammons a publié le 21 mars un nouvel article de fond, cette fois destiné à répondre aux différentes critiques sur ce qui fait l’originalité de Dash : le masternode. Le réseau des masternodes, ou nœuds-maîtres, est en effet une invention et une spécificité de Dash : un réseau de serveurs rendant possible des fonctionnalités avancées, inenvisageables avec Bitcoin. N’importe qui peut mettre en place un masternode et être rétribué pour cela.

Entièrement traduit par Dash France pour le public francophone, cet article peut se lire en suivant ce lien !

Le réseau des masternodes Dash : une réponse aux critiques

DashBrainEric Sammons continue son analyse de fond de Dash avec la publication, le 21 mars 2017, d’un nouvel article répondant à certaines critiques adressées à un aspect spécifique de Dash, les masternodes. Alors que le coût d’acquisition d’un masternode est passé en dix-huit mois de 2000 à 75 000 € environ, ce texte permet de bien saisir les fonctions et les enjeux de ce type de serveurs essentiels à Dash, que chacun peut mettre en place pour fortifier le réseau, contre rétribution. Une fois de plus, cet article est traduit par Dash France avec l’aimable autorisation de son auteur.


Depuis ses débuts, le réseau des masternodes Dash a été simultanément l’objet d’éloges appuyés et de fortes critiques. Ce réseau de second niveau est le premier facteur qui distingue Dash de Bitcoin, en ce sens que le réseau des masternodes est ce qui rend possibles les fonctionnalités avancées de Dash, telles qu’InstantSend, PrivateSend et le système budgétaire Dash. Toutefois, depuis le lancement du réseau des masternodes il y a presque deux ans, un certain nombre de critiques ont été entendues. Je veux répondre ici aux plus fréquentes.

« LA PROPRIÉTÉ DES MASTERNODES EST CENTRALISÉE »

Comme toute autre cryptomonnaie, Dash a pour objectif d’être décentralisé. Certains critiques se sont plaints que le réseau des masternodes serait en fait centralisé, et ils ont avancé qu’un nombre réduit de personnes posséderait les 4000 masternodes actuellement en service. La vérité est que personne ne sait exactement quel est le nombre de propriétaires de masternodes — tout n’est qu’affaire d’estimation. Au vu des statistiques de Dash Central ou des tendances de vote recueillies par Dash Vote Tracker, je soupçonne que la propriété des masternodes est bien mieux distribuée que ne le croient certains critiques. Je dirais qu’ils ont au moins 1000 propriétaires différents, et peut-être jusqu’à 2000. Mais, une fois encore, personne ne sait vraiment, et toutes les estimations impliquent à quelque degré une part de conjecture.

Plus fondamentalement, prenons un peu de recul et tâchons de comprendre ce qu’est vraiment la centralisation, avant d’être tentés de coller cette étiquette sur le réseau des masternodes. Je dirais que, pour que le réseau soit centralisé, il faudrait que se vérifient trois facteurs :

  1. que les personnes impliquées soient en nombre limité ;
  2. qu’il soit impossible, ou quasi impossible, de devenir un membre de ce groupe restreint, ni de l’influencer ;
  3. qu’on soit dans l’obligation impérieuse d’utiliser ce service centralisé.
Groupe de personnes
Ce sont eux qui contrôlent tout.

Les gouvernements de la plupart des pays sont un exemple parfait de centralisation. Après tout, il s’agit bien d’un groupe étroit, d’une élite détenant le pouvoir ; pour la plupart des gens, il est impossible en pratique de pénétrer ou d’influencer ce groupe ; et les citoyens sont bien contraints d’utiliser les services de leur gouvernement. Les grands secteurs tels que la banque sont aussi souvent centralisés. Seul un petit groupe de personnes contrôle les banques ; il est très difficile d’influencer ceux qui contrôlent les banques ; et, dans nos sociétés modernes, il est presque impossible de vivre sans utiliser le système bancaire (bien que les cryptomonnaies aient l’ambition de changer tout cela).

Considérons maintenant Dash. Est-il centralisé ? Si les critiques ont raison, alors cela signifie qu’un nombre réduit de personnes posséderaient les masternodes Dash. La première condition — à supposer qu’elle soit vraie — serait remplie. Est-il impossible, ou presque impossible, de devenir membre de ce petit groupe ? Pas du tout. Durant les trois dernières années, n’importe qui, même avec des fonds restreints, pouvait devenir propriétaire de masternode. Le prix est plus élevé à présent, mais la barrière est simplement financière. La troisième condition est celle où les accusations d’une “centralisation” de Dash perdent véritablement tout sens : personne n’est forcé d’utiliser Dash, et, en tant que logiciel open source, n’importe qui peut copier le code et créer une nouvelle bifurcation logicielle, s’il est insatisfait de la direction empruntée par Dash (et d’ailleurs, quelqu’un l’a fait). Voilà un obstacle bien moindre que celui de devoir renverser un gouvernement centralisé ou de prendre le contrôle du système bancaire.

« ACHETER UN MASTERNODE, ÇA COÛTE TROP CHER »

J’ai entendu cette critique-là dès l’époque où Dash valait 4 dollars ; le cours ayant récemment atteint les 100 dollars, elle est devenue encore plus fréquente. Le prix d’un masternode étant désormais égal ou supérieur au prix d’une jolie maison dans bien des régions du monde, peut-on dire qu’un masternode est trop cher ?

Valise de billets
Prix approximatif d’un masternode.

Gardons en mémoire que le but du réseau des masternodes n’est pas d’enrichir leurs propriétaires  (même s’il peut aussi aboutir à ce résultat) ; son but est de constituer un réseau de second niveau qui exécute les nombreuses fonctionnalités de Dash. La récompense de bloc n’a d’autre fonction que de motiver les gens à accomplir le travail nécessaire pour faire tourner un masternode. Tout comme le minage n’a pas été créé pour enrichir les mineurs mais pour sécuriser un réseau basé sur une blockchain, les masternodes ont été créés pour fournir un service important au réseau.

La barrière des 1000 dashs nécessaires pour percevoir la rétribution est arbitraire, et elle pourrait être modifiée à l’avenir. Si, par exemple, la barrière d’entrée était telle qu’il n’y ait pas assez de masternodes actifs pour Dash, alors la caution pourrait être réduite à 500 dashs, voire moins encore. Notez que cette condition ne serait pas modifiée dans le but de permettre à davantage de gens de percevoir des rétributions de masternode ; si elle était réduite, ce serait parce que le réseau aurait besoin de davantage de masternodes pour l’exécution de ses services (une fois encore : il faut bien se souvenir du rôle des masternodes).

Par ailleurs, on n’a pas besoin de détenir 1000 dashs pour recevoir une rétribution de masternode. Il existe actuellement des services de parts de masternode où une part coûte à peine 25 dashs. Dans l’état actuel des choses, ces systèmes supposent que vous fassiez confiance à une tierce partie, mais à l’avenir ils pourraient prendre la forme d’un service décentralisé au sein même du réseau Dash.

Opérer un masternode a parfois été présenté comme un investissement, mais je crois que c’est erroné. Opérer un masternode est un travail, pour lequel on reçoit une rétribution. Comme pour n’importe quel autre travail, il y a des conditions de candidature pour ceux qui souhaitent être engagés — à savoir, dans ce cas, la caution des masternodes, ainsi que la capacité à mettre en place puis à gérer un serveur (ou à louer les services de quelqu’un pour cela).

« SEULS LES PREMIERS ENTRANTS SONT PROPRIÉTAIRES DE MASTERNODE »

Cette critique-ci est liée à la plainte déjà entendue selon laquelle « acheter un masternode coûterait trop cher ». Maintenant qu’un masternode est hors de portée de la plupart des gens, certains se plaignent que seuls les premiers entrants en soient propriétaires. Et, en effet, oui, je parierais que la plupart des actuels propriétaires de masternode sont des participants précoces, en ce sens qu’ils se sont investis dans Dash avant que le cours ne connaisse tout récemment une hausse météorique. Toutefois, c’est une excellente chose. Les masternodes sont l’épine dorsale de Dash ; en tant que tels, il faut qu’ils soient opérés par des gens engagés dans Dash. Il y a deux façons principales d’être engagé dans Dash : idéologiquement ou financièrement (les deux pouvant bien sûr se superposer). Un investisseur précoce est typiquement quelqu’un d’engagé idéologiquement dans Dash : il croit au projet, il s’est porté volontaire et il s’y est investi à un moment où tout le monde ignorait le projet, voire l’attaquait. Bien que son investissement financier ait été moindre que celui à présent indispensable, son risque de perte totale était plus élevé — ce qui démontre son engagement idéologique. De par ces facteurs, les premiers participants ont été hautement motivés à gérer correctement leurs masternodes et faire en sorte que Dash reste fort.

Le premier opérateur de masternode
Vue d’artiste du premier opérateur de masternode.

Bien sûr, à un moment donné, même l’adepte de Dash le plus engagé pourra vouloir revendre sa caution de masternode. En face, quelqu’un découvrant Dash sera susceptible de payer le prix fort nécessaire à la mise en place d’un masternode. Ce nouvel arrivant pourra éventuellement ne pas être aussi idéologiquement engagé que le propriétaire précédent, mais désormais il sera financièrement engagé. Il fera tout ce qu’il pourra pour protéger et faire fructifier son investissement. En d’autres termes, lui aussi sera un opérateur de masternode solide. À mesure que Dash évolue, les motivations s’agencent harmonieusement, de façon à ce que les propriétaires de masternode agissent toujours dans le sens d’une amélioration générale du réseau.

« LES PROPRIÉTAIRES DE MASTERNODE SONT TROP BIEN RÉTRIBUÉS POUR LE SERVICE RENDU »

La rétribution pour l’opération d’un masternode est actuellement estimée à 750 dollars mensuels, pour un coût de fonctionnement tournant entre 5 et 20 dollars mensuels, sans compter un peu de travail d’administrateur système. Les propriétaires de masternode sont donc bien trop payés, pas vrai ?

Deux dollars
Montant approximatif de la première rétribution d’un masternode.

Il s’agit d’une critique assez nouvelle, puisque il y a encore un an un propriétaire de masternode n’était payé que 40 ou 50 dollars mensuels (avec des charges comparables). Cette doléance n’est donc apparue qu’avec la hausse considérable du cours de Dash. Il faut cependant noter que la rétribution de masternode n’a pas bougé (autrement que par la déflation annuelle et programmée de 7%) ; c’est la valeur de cette rétribution qui a changé. Un masternode reçoit à peu près 1,8 dash tous les 6 ou 7 jours environ pour les services qu’il rend, exactement comme cela a été prévu il y a des années.

Le changement de sa valeur, cependant, ne tient qu’au fait que le marché donne une plus grande valeur à Dash lui-même. Cette valeur accrue se fonde surtout sur le potentiel futur de Dash ; de même, l’accroissement de la rétribution des masternodes se fonde sur les exigences qui seront nécessaires à l’avenir pour mettre en œuvre ce potentiel. De plus, à mesure que la valeur de Dash s’accroît, la valeur du réseau des masternodes augmente, et donc aussi bien celle de la rétribution.

Dash ne peut contrôler le cours de sa monnaie ; il peut seulement contrôler le niveau de rétribution que perçoivent les masternodes. La hausse de la rétribution des masternodes est une conséquence directe des forces de marché, et non pas une quelconque machination interne de l’équipe Dash ou des propriétaires de masternode.

« LES MASTERNODES RESTREIGNENT ARTIFICIELLEMENT LA MASSE MONÉTAIRE DE DASH »

Certains avancent qu’avec plus de 4000 masternodes qui nécessitent une caution de plus de 4 millions de dashs, la masse monétaire de Dash se serait concrètement réduite, ce qui restreindrait artificiellement le nombre total de dashs disponibles. Deux réponses sont possibles. La première : et alors ? La disponibilité totale peut être en effet restreinte, mais la connaissance juste de ce qu’est une monnaie vous dira qu’une masse monétaire peut parfaitement être d’1 seule unité et, pour autant, rester valable, du moment que la monnaie peut être divisée en coupures de plus en plus petites. La disponibilité importe assez peu (après tout, 21 millions n’est pas un nombre magique) ; ce qui importe, c’est qu’elle ne puisse pas faire l’objet d’une inflation artificielle. Ceux qui achètent et vendent Dash sont tout à fait au courant de l’existence des masternodes et de leur caution ; le cours de Dash reflète donc l’avis du marché quant à sa valeur, tout ceci y étant intégré.

Hausse
Manipulons la masse monétaire, un masternode après l’autre !

Seconde réponse, plus importante encore : il faut bien garder à l’esprit que la caution d’un masternode n’est pas véritablement “bloquée” — à tout moment, d’un simple clic, un propriétaire de masternode peut dépenser ses 1000 dashs. Et, lorsqu’un certain cours sera atteint, je suis sûr que certains opérateurs le feront. Donc, bien que dans un sens la disponibilité soit restreinte, dans un autre sens, plus juste, la totalité des 7 millions de dashs sont disponibles.

« LES MASTERNODES PEUVENT ÊTRE FACILEMENT ATTAQUÉS PAR ATTAQUE SYBIL »

Il s’agit sans doute de la plus ancienne, et paradoxalement de la plus faible, critique à l’encontre des masternodes. Parce que les propriétaires de masternode peuvent rester anonymes, on entend souvent cet argument selon lequel une organisation pourrait prendre le contrôle du réseau en mettant en place une majorité de masternodes.

Monde et réseau
À la conquête du monde… euh… du réseau des masternodes…

Cela serait possible s’il n’y avait aucune caution requise pour opérer un masternode. Avec la condition de la caution, c’est en pratique impossible pour quiconque ne dispose pas de moyens énormes. Réfléchissons un peu. Il existe actuellement 4000 masternodes. Pour prendre le contrôle du réseau, une organisation (que nous appellerons “Sybil Corp.”) devrait prendre le contrôle d’au moins la moitié de tous les masternodes en activité (en fait, c’est plus que cela, mais admettons, pour simplifier, qu’il s’agisse de la moitié). Supposons que pour chaque masternode Sybil installé, un masternode déjà existant ferme (c’est peu vraisemblable, mais enfin, supposons-le). Dans ce cas, Sybil Corp. devrait acheter 2000 masternodes, ce qui nécessiterait 2 millions de dashs. Au cours actuel, cela représente presque 200 millions de dollars. On peut donc d’emblée écarter la majorité des acteurs malveillants potentiels (la plupart des organisations qui disposent de tels fonds seraient assez intelligentes pour comprendre que les coûts d’exécution de cette attaque dépasseraient de très loin ses bénéfices potentiels).

En réalité, Sybil Corp. déborderait de joie à l’idée de ne devoir payer que 200 millions de dollars. Parce que dès qu’ils se mettraient à acheter des dashs pour financer leurs masternodes, le cours de Dash exploserait, la demande excédant largement l’offre. Il est impossible de dire quel cours serait atteint, mais, étant donné que le volume d’échange journalier est actuellement d’environ 400 000 dashs, et que Sybil Corp. voudrait acheter d’un seul coup 2 millions de dashs (presque 30% de la masse monétaire en existence !), je suis à peu près sûr que le cours atteindrait très vite un nombre à quatre chiffres, hors de portée de presque tout le monde sauf du gouvernement américain. (Et avant que les conspirationnistes n’assimilent le gouvernement américain à Sybil Corp., il faut noter que celui-ci dispose déjà de fonds virtuellement illimités s’il voulait prendre le contrôle de toute cryptomonnaie, Bitcoin inclus, et sans attendre.) [NdT : sur ce thème de l’attaque Sybil, voir aussi l’excellente vidéo d’Amanda Johnson : « Pourquoi Dash est, de loin, la cryptomonnaie la plus résistante aux attaques Sybil ».]

« LES VENTES FUTURES DE MASTERNODES VONT CONDUIRE À L’EFFONDREMENT DU MARCHÉ »

Parce que beaucoup de la masse monétaire de Dash (56%) est actuellement utilisée comme caution des masternodes, certains critiques ont avancé qu’une vente massive des masternodes par leurs propriétaires conduirait à l’effondrement du marché Dash. Eh bien, cette critique montre au moins une compréhension correcte des mécanismes du marché ! S’il y a beaucoup plus de gens pour vouloir vendre quelque chose plutôt que de l’acheter, le prix de cette chose baissera. C’est le b.a.-ba de l’économie. Si Satoshi revenait et vendait le million de bitcoins qu’on lui attribue, je peux vous assurer que le cours de Bitcoin baisserait précipitamment, au moins sur le court terme. Cela serait tout aussi vrai si les propriétaires de masternodes Dash se mettaient pareillement à vendre en masse.

Crash
Quand les propriétaires de masternode pètent les plombs.

Cependant, si une large part des propriétaires de masternode s’apprêtaient à vendre leurs dashs, il est probable qu’il y aurait pour cela une raison significative — par exemple, la découverte d’un bug grave et irréparable dans le code Dash. Dans une telle situation, le cours de Dash devrait baisser. Mais il n’y a aucune raison de croire plus vraisemblable que des centaines de propriétaires de masternode décident de vendre en masse, que de croire que beaucoup de gros investisseurs de Bitcoin fassent une chose similaire. Par rapport aux monnaies mondiales et aux actifs comme l’or ou l’argent, les cryptomonnaies ont toutes un nombre assez réduit de propriétaires qui, potentiellement, pourraient manipuler le marché. Bitcoin est plus gros que Dash, mais son cours peut quand même être manipulé si certains gros investisseurs en ont le désir.

Le réseau des masternodes n’expose pas spécialement Dash à une vente massive ; il le rend en fait moins sujet à cela, car les propriétaires de masternode sont incités à conserver leurs nombreux dashs. Les gros investisseurs d’autres cryptomonnaies conservent leurs fonds en espérant que leur valeur montera. Les propriétaires de masternodes Dash, eux, perçoivent des récompenses de bloc s’ils conservent leurs dashs et opèrent un masternode. Si quelqu’un est fortement investi dans Bitcoin mais trouve que le futur d’Ethereum est plus prometteur, il peut tout simplement changer ses bitcoins contre des ethers. Mais un propriétaire de masternode Dash doit se  convaincre qu’une autre cryptomonnaie aura de meilleures performances que Dash, mais également meilleures que Dash plus la récompense de 9 à 10% qu’il perçoit annuellement pour opérer un masternode.

MASTERNODES : L’AVENIR DE LA CRYPTOMONNAIE

Le réseau de masternodes qu’utilise Dash est une innovation importante pour les cryptomonnaies. Elle améliore le concept de réseau en créant une motivation financière pour la croissance future de ce réseau. Le réseau des masternodes Dash a essuyé de nombreuses critiques au fil des années, mais aucune d’entre elles n’a su comprendre ni apprécier le service fourni par les masternodes, ainsi que les motivations mises en place pour que le réseau continue de fonctionner. Le concept général du réseau des masternodes le place en excellente position pour devenir le futur de la cryptomonnaie.

Eric Sammons

Dash, un exemple de communication communautaire auto-financée

illustration : © CoinTelegraph
illustration : © CoinTelegraph

Le modèle d’auto-financement de Dash est une de ses forces et de ses grandes originalités. Dans cet article paru dans le CoinTelegraph en mars 2017, le journaliste Joël Valenzuela analyse en quoi ce système vertueux permet à Dash de faire fructifier sa communication, et donne la parole à des acteurs de la communauté très impliqués dans cette tâche, tels qu’Amanda B. Johnson et l’infatigable Tao of Satoshi. Cet article est traduit par Dash France avec l’aimable autorisation de son auteur.


Bitcoin et beaucoup d’autres cryptomonnaies, toutes basées sur une technologie de registre distribué (blockchain), opèrent dans un environnement open source, sans propriétaires centralisés ni structure donneuse d’ordres.

Dans ce modèle, les mineurs, c’est-à-dire ceux qui créent de nouvelles “pièces” et traitent les transactions sur le réseau, sont les seuls qui reçoivent un financement directement de la cryptomonnaie elle-même, sous la forme de la récompense de bloc, soit toute la nouvelle monnaie créée.

Dash, une cryptomonnaie qui met l’accent sur la simplicité d’utilisation et l’adoption par le grand public, se distingue de ce modèle en n’offrant que 45% de la récompense de bloc aux mineurs, et en en réservant 10% au financement du développement ainsi qu’à d’autres projets.

Projets communautaires

Tigerix, un utilisateur de Reddit, compare les approches et succès respectifs de Dash et Monero et met en avant l’organisation et le financement tels que mis en œuvre par Dash :

« Voilà pourquoi Dash excelle en marketing et a de grandes ambitions en termes de facilité d’utilisation et d’adoption de masse. Monero est comme Linux, Dash est comme Microsoft. Dash a tout le potentiel d’une entreprise fructueuse. »

Cependant, à la différence d’une entreprise, Dash n’est ni possédé ni contrôlé par un groupe donné ou certains individus. Au contraire, les 10% du “Trésor” budgétaire qui sont réservés pour le développement sont contrôlés par les masternodes, c’est-à-dire des actionnaires (et bénéficiaires des autres 45% de la récompense de bloc Dash) qui ont le pouvoir de voter pour ou contre toute proposition budgétaire qui leur est présentée.

Toute demande de financement doit passer par un vote des opérateurs de masternode, même celles formulées par l’équipe de développement et le fondateur de la monnaie. À ce titre, Dash peut être considérée comme la toute première organisation autonome décentralisée (decentralized autonomous organizationD.A.O.).

Cette D.A.O. a déjà rendu possible de nombreux projets communautaires, apparus de façon spontanée et financés de la même manière que l’équipe de développement — projets parmi lesquels on trouve de nombreuses opérations de communication vers le grand public.

Amanda B. Johnson et son émission « Dash detailed »

Amanda B. Johnson, qui a écrit pour CoinTelegraph et réalisé une émission généraliste sur les cryptomonnaies, « The Daily Decrypt », a fait le constat d’un manque de productions médiatiques sur l’écosystème Dash. Elle a saisi la possibilité de soumettre une proposition aux masternodes, afin de produire une série de vidéos informatives orientées grand public et portant sur le fonctionnement de Dash, mais aussi pour diffuser l’actualité et faire connaître les travaux de la communauté.

Selon Johnson, les financements du “Trésor” disponibles pour les projets communautaires sont un élément de motivation indispensable pour que fleurissent de telles initiatives, performantes et cohérentes :

« Ces réalisations sont la conséquence de l’incitation financière. S’il n’y avait pas eu ces fonds disponibles du Trésor, je n’aurais jamais consacré tout ce temps, toute cette énergie et ce travail énorme à produire “Dash Detailed”. Des incitations économiques adaptées entraînent l’apparition spontanée de ressources — dans notre cas, celui de “Dash Detailed”, nous sommes un moyen de  communication large sur les développements de Dash. »

Johnson se sent toujours grandement responsable de ses productions, mais travailler pour une D.A.O. lui donne aussi une grande liberté opérationnelle :

« J’ai bien sûr autant de liberté que m’en accordent les masternodes (mes employeurs). On ne peut pas gagner de l’argent sans avoir un ou plusieurs patrons — vos clients sont vraiment vos patrons de dernière instance. Mais c’est vraiment magique de ne pas avoir affaire à l’ennui des salaires traditionnels et des banques ! »

L’initiative communautaire « Dash Nation »

Afin de faire grandir une communauté à l’esprit positif, d’accueillir les nouveaux utilisateurs et de bâtir une plateforme collaborative de discussion, Tao of Satoshi, activiste Dash sur Twitter, a lancé sur Slack le canal « Dash Nation », après qu’une précédente communauté Dash sur Slack se soit effondrée, minée par les conflits et la négativité :

« Après l’implosion du premier Slack, j’ai senti qu’il y avait un vide dans la communauté qui ne demandait qu’à être rempli. Disposer d’un endroit où le respect et le professionnalisme soient la règle, et où les gens pourraient se fréquenter et collaborer en temps réel sur des projets, ça ne pouvait qu’être une bonne chose. »

Témoin du succès de l’émission YouTube de Johnson, mais pensant que Dash avait besoin d’un canal supplémentaire d’information, Tao a lancé sa propre émission, “Cash Alternative TV”, et a soumis une proposition budgétaire aux masternodes pour financer l’équipement nécessaire à la réalisation :

« “Cash Alternative TV” a été créée parce qu’il était pour moi important d’ajouter une voix sur YouTube à celle d’Amanda B. Johnson, et parce que je suis fortement convaincu qu’il faut s’engager dans la “guerre de l’argent liquide” [war on cash]. »

Tao pense que ses deux projets communautaires sont parvenus à élargir la communauté et la visibilité de Dash :

« Ce sont tous les deux des réussites, et le Slack “Dash Nation” est devenu un endroit super pour rencontrer des gens qui partagent la même conviction, dans une ambiance positive. Je ne suis sans doute pas objectif, mais j’ai le sentiment que le Slack a eu un impact énorme sur le moral et la productivité de la communauté. “Cash Alternative TV” est plus jeune, je n’en suis encore qu’à évaluer ses résultats. Elle m’a permis de contrer une campagne hostile bourrée de contre-vérités et orchestrée par le meneur d’un de nos concurrents. Elle s’est donc montrée aussi très utile. »

Le projet « Dash Force » d’activisme en ligne

En complément des actions de Tao visant à améliorer la communication de Dash et à contrecarrer la presse ou les commentaires hostiles, Mastermined, un membre de la communauté du Slack « Dash Nation », a identifié un manque dans l’activisme en ligne pro-Dash. Témoin des actions menées par une autre cryptomonnaie, abondantes, coordonnées et en fin de compte réussies, il a pris sur lui de soumettre une proposition ayant pour but, de manière similaire, de financer des actions de promotion en matière de discussion en ligne et de défense de Dash :

« C’est quelque chose à quoi j’avais pensé depuis pas mal de temps. Quelques membres de la communauté s’étaient déjà essayés à des projets similaires, mais ils avaient échoué à obtenir un financement pour une raison ou une autre. Après qu’un projet au nom similaire ait échoué pour des raisons de leadership, j’ai décidé de monter au créneau, et de faire en sorte que ça se fasse. »

D’après Mastermined, la « Dash Force » a eu l’effet souhaité : galvaniser la communauté et l’entraîner à défendre Dash en apportant des réponses aux questions et aux critiques.

« Pour l’heure, et de tous les points de vue, c’est un succès complet. La participation augmente de partout et la communauté s’est vraiment réunifiée après la division brutale de notre précédent canal Slack. Dans le domaine des cryptomonnaies, le marketing et la communication sont tout aussi importants que dans n’importe quel autre secteur. Les monnaies qui négligent de prendre en charge ces aspects seront piétinées par la concurrence. »

Mastermined est aussi bien conscient des avantages d’un système de financement de type D.A.O., par rapport à une structure traditionnelle d’entreprise centralisée :

« La gouvernance décentralisée par blockchain est la clé de nos succès marketing. Elle nous a permis de financer des actions menées par des agences traditionnelles de communication, mais aussi de financer du marketing communautaire pur. On a besoin des deux pour être efficaces, et Dash, en ce domaine, est à la pointe de toutes les cryptomonnaies. »

Le modèle de la D.A.O. encourage un écosystème décentralisé

Le modèle décentralisé de distribution des fonds du Trésor encourage le développement de l’écosystème Dash à un niveau communautaire. Cela diffère à la fois du modèle traditionnel centralisé, où toutes les initiatives doivent d’abord passer sous l’examen de l’équipe dirigeante, et du modèle open source où l’action de la communauté pour faire croître l’écosystème doit s’auto-organiser et s’auto-financer.

Selon Ryan Taylor, directeur financier de l’équipe de développement Dash, ce modèle permet d’allouer un financement aux projets qui sont en-dehors du champ ou du contrôle de l’équipe centrale, et donc de créer de multiples projets au sein de la grande D.A.O. Dash :

« Les gens parlent souvent de Dash comme d’une entreprise, et il est facile de voir pourquoi. Le réseau finance une équipe de développement très unie, avec une stratégie et une direction claires. Mais en réalité, notre blockchain finance beaucoup de D.A.O. différentes, dont chacune poursuit des objectifs variés pour améliorer la monnaie, et ces entités et projets vivent côte à côte. À la différence d’une entreprise classique, cette approche garantit que les meilleures idées puissent s’épanouir, quelle que soit leur origine. »

Tao voit dans la D.A.O. Dash une chance de financer une communication de haut niveau bien plus efficace qu’un modèle centralisé :

« Je trouve super la façon dont Dash gère sa communication à travers des canaux communitaires, en donnant à l’information ce côté personnalisé. Ça ne touche peut-être pas autant de monde que des campagnes organisées et très coûteuses, mais, pour l’argent qui y est investi, le système Dash fonctionne à merveille. On sent partout un enthousiasme. Avec le temps, on comprendra combien la communication de Dash est complémentaire des initiatives de l’équipe de développement. Nous aurons alors une machine parfaitement huilée pour diffuser l’actualité de la monnaie numérique au monde. »

Joël Valenzuela

Une évaluation honnête de Dash, par Eric Sammons

Fair-unfairExplosion du cours de Dash, puis correction en ce moment même : l’heure est idéale pour découvrir les interrogations d’Eric Sammons sur l’avenir de Dash.

Dans un article publié le 3 mars, l’essayiste fait part de son analyse personnelle des forces et faiblesses de Dash. Ce texte vient s’ajouter aux articles de fond traduits par Dash France, à l’attention des lecteurs francophones. Pour le lire, il suffit de suivre ce lien !

Une évaluation honnête de Dash, la cryptomonnaie qui monte

Fair-unfairEric Sammons, déjà connu de nos services, a publié le 3 mars 2017 un article reflétant ses interrogations sur Dash, suite à l’explosion du cours. Forces et faiblesses de la cryptomonnaie, enthousiasmes et doutes, questions et réponses : ce texte, qui détaille les opinions personnelles de son auteur, est traduit par Dash France avec son aimable autorisation.


Dash, la cryptomonnaie qui se donne pour ambition de devenir l’« argent liquide numérique » du monde, a connu une hausse extraordinaire ces dernières semaines. Alors qu’elle s’échangeait en-dessous de 10 dollars il y a quelques mois, elle a tout récemment atteint les 50 dollars. Cette hausse météorique a attiré beaucoup d’attention sur Dash, son histoire, sa technologie et son équipe. Malheureusement, dans la sphère des cryptomonnaies, ce coup de projecteur est aussi synonyme d’attaques et de médisance, et d’assez peu de discussion rationnelle. Les haïsseurs de Dash ont surgi en nombre, prétendant que la moindre faiblesse de Dash serait la preuve d’une « escroquerie » ; en réponse, certains de ses défenseurs ont avancé que Dash aurait résolu tous les problèmes propres à cette nouvelle technologie, et que son cours ne pouvait plus que monter sans limite. Il est difficile de contrôler ses émotions durant les hausses rapides du cours, mais j’espère ici pouvoir prendre un peu de recul et partager mon évaluation honnête des forces et faiblesses de Dash, et aussi de quelques autres choses qui n’ont aucune importance. Je ne sais pas (ni ne m’en soucie) à quel niveau le cours de Dash va s’établir sur le court terme ; ce qui m’intéresse, ce sont les perspectives sur le long terme.

Pour préciser le contexte, j’ai détenu une petite quantité de dashs quand la monnaie s’appelait encore Darkcoin (c’est-à-dire avant mars 2015), mais je n’ai commencé à m’y impliquer sérieusement qu’en décembre 2015, frustré par Bitcoin et l’interminable débat sur sa gouvernance et sa scalabilité. Aujourd’hui, Dash est de loin ma cryptomonnaie préférée, mais je détiens aussi des fonds en Bitcoin, Zcash, Monero et même Litecoin (pour ce dernier, je ne sais même pas pourquoi). Je suis opérateur de masternode Dash et j’ai créé le site dashvotetracker.com. J’ai écrit un certain nombre d’articles sur Dash et j’ai deux ou trois fois été interviewé sur le sujet. Cependant, je n’ai jamais soumis de proposition au système budgétaire Dash et je ne fais pas partie de l’équipe de développement officielle Dash. Globalement, je suis satisfait de la direction prise par Dash et je crois à son avenir, mais cela ne veut pas dire que je le croie sans faiblesses.

Forces de Dash

La plus grande force de Dash, de loin, est son réseau de masternodes. Ce réseau de second niveau est ce qui permet à Dash d’offrir des innovations dont Bitcoin est actuellement incapable, parmi lesquelles InstantSend, PrivateSend et le système budgétaire Dash.

Comme beaucoup de ceux qui soutiennent Dash, mon premier amour a été Bitcoin. J’ai été fasciné par le génie qu’a mis Satoshi dans sa création. Cependant, à mesure que le projet Bitcoin dégénérait en factions guerrières et dans un conflit sans fin perceptible, je me suis surpris à regarder ailleurs. Les autres cryptomonnaies avaient beaucoup de points en leur faveur, mais le réseau de masternodes Dash s’attaquait aux problèmes mêmes qui paralysaient Bitcoin, jusqu’à peut-être les résoudre. Problème de la double dépense ? Résolu. Soucis de confidentialité ? Résolus. Problème des confirmations de transactions toujours plus longues ? Résolu. Problème de l’absence d’un véritable système de gouvernance ? Résolu.

C’est le système intégré de gouvernance qui me passionne le plus dans Dash. Chaque cryptomonnaie a ses avantages propres, et chacune doit relever ses propres défis, mais les problèmes rencontrés par Bitcoin ont démontré qu’un système de gouvernance décentralisée est indispensable pour qu’une monnaie reste forte. D’autres projets cryptomonétaires déclarent avoir la meilleure solution technique aux problèmes actuels, mais Dash offre en lui-même un moyen de résoudre les problèmes de demain.

Evan Duffield, créateur de Dash
Evan Duffield, créateur de Dash

Une autre force de Dash est son équipe de développement. J’ai une grande confiance en beaucoup de ses membres, parmi lesquels Evan Duffield, Ryan Taylor, Andy Freer, Holger Schinzel, Moocowmoo, Fernando Gutierrez, Robert Wiecko et d’autres. Cela ne veut pas dire que je considère l’équipe de développement comme parfaite (nous en reparlerons au chapitre des « faiblesses ») ; mais elle est une équipe forte qui a démontré son efficacité et sa capacité à innover. De plus, contrairement à celles d’autres cryptomonnaies, cette équipe semble n’avoir qu’un seul souci : améliorer Dash, et non pas s’engager dans des polémiques sur Reddit, censurer des opposants ou attaquer les contributeurs d’autres projets. En un mot, ils sont professionnels. C’est important à mes yeux parce que, si une cryptomonnaie doit rencontrer le succès dans l’industrie des paiements, son équipe se doit d’être aussi professionnelle que dans l’entreprise la plus performante. Quelle boîte du classement Fortune 500 accordera sa confiance à un projet technologique dirigé par quelqu’un qui passe ses journées sur Reddit à casser du sucre sur le dos des gens ? Soyons adultes.

Dash Detailed - Amanda B. Johnson
Tous à bord du train Dash !

Enfin, je considère la communauté Dash comme un de ses points forts. Des gens comme Amanda Johnson, Tao of Satoshi ou d’autres ont assuré un excellent travail de recrutement pour la communauté Dash, et ont fait en sorte que les nouveaux venus comprennent le fonctionnement et l’utilisation de Dash. Au lieu d’insulter ceux qui font des erreurs ou posent des questions de débutants (« t’as pas mis le bon nombre de satoshis par octet dans ta transaction, crétin ! »), la communauté Dash travaille dur pour informer au mieux les gens. Pour une nouvelle technologie s’efforçant d’élargir le nombre de ses utilisateurs, cela est crucial.

Faiblesses de Dash

Bon, d’accord, je me rends bien compte que, jusqu’ici, j’ai tout l’air d’un fan. Et la vérité, c’est que je suis un fan de Dash. De toutes les cryptomonnaies existantes, je crois que Dash est la mieux partie pour réussir. Mais le monde des cryptomonnaies est encore jeune, et, à vrai dire, toutes les cryptomonnaies qui existent aujourd’hui peuvent échouer. Elles ont toutes des faiblesses qui pourraient finir par les tuer. Je ne crois donc pas que Dash soit parfait. J’ai mes inquiétudes, qui ne sont pas encore des alarmes, mais qui n’en sont pas moins des inquiétudes.

Bouton Amazon Dash
Quand pourra-t-on acheter de la lessive Tide avec Dash en appuyant sur un bouton Dash ?

D’abord, je déteste le nom « Dash ». J’ai bien conscience que cela veut dire « digital cash », mais c’est vraiment un nom atroce. C’est trop générique. Si vous cherchez « Bitcoin » sur Google, devinez ce qui apparaît en premier ? Bitcoin.org, comme attendu. Si vous lancez une recherche sur « Dash », le premier résultat est ShopDashOnline.com, un site de mode féminine. Le second résultat est une page Wikipédia sur le tiret, le signe de ponctuation [NdT : « dash » en anglais]. La cryptomonnaie Dash apparaît tout de même sur la première page de résultats Google, ce qui n’est pas rien. Mais « Dash » n’est tout simplement pas assez distinctif. Amazon a un produit qui s’appelle Dash. Dash est un navigateur de documentation informatique. Et zut, il y a même une application mobile de paiement qui s’appelle Dash (ça ne va pas simplifier les choses…). Il me faut admettre que je n’aimais pas le nom « Darkcoin » non plus, car il semblait restreindre l’usage des cryptomonnaies aux marchés noirs du Net [dark markets]. Moi, j’aurais simplement conservé « Xcoin », le tout premier nom. Là où nous en sommes, un troisième changement de nom ne serait sans doute pas une bonne idée, et il faut espérer que le succès de Dash sur le long terme permettra au grand public d’associer ce nom à la cryptomonnaie.

Une autre faiblesse de Dash est la division “développement commercial” de l’équipe de développement. Je ne veux pas ici accabler certains individus, mais les activités de l’équipe de développement commercial ne m’ont pas inspiré grande confiance. Il y a eu trop de projets ratés, et beaucoup d’argent gâché pour soutenir ces projets. De plus, l’équipe a investi beaucoup trop de temps et de moyens sur les relations avec des plateformes d’échange ou d’autres entreprises, plutôt que d’affecter ces moyens à l’utilisation effective de la monnaie dans la vie réelle. Une telle utilisation dans le monde réel aurait poussé les plateformes et les autres entreprises à intégrer Dash. Problème supplémentaire, les membres de l’équipe de développement commercial ont toujours eu une communication médiocre avec le réseau des masternodes. À un certain moment, le responsable du développement commercial est resté introuvable pendant des mois, sans pour autant qu’il ne s’explique à son retour. En tant qu’opérateur de masternode, je vote actuellement “non” à toutes les propositions de développement commercial qui sont soumises, car je n’ai pas confiance dans les gens qui en ont la charge. Il faut espérer que cela change (soit les responsables actuels regagneront ma confiance, soit de nouvelles têtes prendront les manettes).

Dash a aussi les faiblesses qu’on peut rencontrer dans tout projet naissant (eh oui, à l’âge de trois ans, Dash est encore un “projet naissant”). Par exemple, il n’y a vraiment pas beaucoup de transactions sur la blockchain Dash. Il n’y a que trop peu de vendeurs qui acceptent Dash, et peu de gens qui l’utilisent dans leur vie quotidienne. Cela s’améliore, mais, si nous sommes honnêtes envers nous-mêmes, nous devons reconnaître que Dash en tant qu’« argent liquide numérique » n’est pour l’instant rien de plus qu’une potentialité, et non une réalité. (Bien entendu, le nombre de transactions Bitcoin au même moment de son histoire était similaire.)

Je soupçonne également que la répartition des masternodes est encore assez concentrée (je dis que je le “soupçonne” car il n’y a pas de moyen certain de savoir qui possède les masternodes). À ce point de l’histoire de Dash, cela ne me tourmente pas trop, mais il conviendra que ça change sur le long terme, pour la santé du réseau. Avec la hausse du cours de Dash, je ne serais pas surpris de voir plus de masternodes changer de mains, les investisseurs précoces qui détiennent beaucoup de masternodes les revendant avec profit à de nouveaux venus souhaitant s’investir davantage.

Upgrade
Mettre à jour une monnaie globale : pas pour les mauviettes

Dash est aussi sujet aux faiblesses inhérentes à toutes les cryptomonnaies décentralisées, c’est-à-dire, spécialement, à la façon dont se passent les mises à jour. Tout récemment, Dash a fait un hard fork de son réseau, et de l’avis général cela a été une réussite — mineurs, masternodes et vendeurs ont tous pu faire la mise à jour sans qu’une nouvelle monnaie ne soit créée (pas de “Dash Classic”) ni qu’une polémique pleine d’aigreur ne vienne empêcher la mise à jour par crainte d’un schisme. Cependant, la mise à jour a pris plusieurs semaines, pendant lesquelles certaines fonctionnalités, comme InstantSend, ont été désactivées. Cela n’a pas été problématique en raison du faible usage de Dash actuellement, mais si Dash a l’ambition de servir des millions d’utilisateurs en tant que “PayPal 2.0” décentralisé, une mise à jour d’une telle lenteur avec des fonctionnalités désactivées serait complètement inadmissible. La question de la mise à jour transparente d’un réseau décentralisé mondial se pose à chaque cryptomonnaie, et pour l’instant il n’y a pas de bonne réponse. Espérons que Dash sera le projet qui résoudra ce problème.

Ce qui n’a aucune importance

J’ai passé en revue ce que je considère être les forces et faiblesses de Dash, mais je souhaite aussi mentionner deux ou trois choses dont je pense qu’elles n’ont aucune importance, même si elles sont souvent évoquées ad nauseam (et il faut ici souligner le mot nausée…). La première, et la moins importante, est la question de l’“instaminage” [instamine]. Il s’agit du fait que, le premier jour de l’existence de Dash, environ deux millions de dashs aient été créés — soit par accident, soit intentionnellement, selon la source qu’on choisit de croire. Quelle qu’en soit la cause, je n’ai jamais accordé à cet événement la moindre importance. Tout d’abord, le fait que le fondateur et les premiers utilisateurs détiennent beaucoup de fonds est vraie pour quasiment toutes les cryptomonnaies, y compris leur ancêtre à toutes, Bitcoin. En fait, c’est aussi vrai pour toute technologie dans ses premiers temps (cf. Bill Gates/Microsoft et Steve Jobs/Apple). Au pire, cela incite les fondateurs ou utilisateurs originels à travailler dur, à assurer le succès de leur projet et à voir leur investissement payé de retour (ce qui peut s’illustrer par le fait qu’Evan Duffield est toujours impliqué dans Dash après trois années).

Fair-unfair
La vie n’est pas toujours juste, les gars

J’ai cru remarquer que la plupart des gens qui se plaignent de l’instaminage ont une idée puérile de “l’équité”. Ou, plus précisément, une conception socialisante de l’équité (mais je crois que c’est un pléonasme). Ils croient que le succès ou les gains d’une personne “au détriment” des autres constitue une insulte à l’humanité. Plus vraisemblablement, ils sont simplement irrités de ne pas être ceux qui ont réussi, et souhaitent prendre aux riches pour donner aux pauvres (c’est-à-dire à eux). Je suis de l’avis qu’une marée montante fait monter tous les bateaux. Si Evan Duffield devient un jour incroyablement riche grâce aux dashs qu’il détient, alors cela voudra dire que tous ceux qui ont investi dans Dash seront eux aussi prospères ; la seule manière qu’a une cryptomonnaie de réussir est d’être utilisée par beaucoup de monde. Gagnant/gagnant/gagnant. En fin de compte, l’instaminage n’a fait aucune victime (n’importe qui pouvait miner Dash aux tout débuts pour un coût très bas, ou pouvait investir le long des trois dernières années) et il n’a eu aucun impact sur le réseau. C’est là beaucoup de bruit et de fureur qui ne veulent absolument rien dire.

Une autre critique, plus récente, est celle de la possibilité de “masternodes paresseux”, c’est-à-dire de serveurs configurés pour répondre aux requêtes transmises aux masternodes, mais qui en fait n’exécutent aucun des services de masternode pour le réseau. Bien que théoriquement possible, il n’y a aujourd’hui que très peu de facteurs incitant à la création de masternodes paresseux — après tout, vous auriez quand même besoin d’une caution de 1000 dashs, et faire tourner un véritable masternode ne coûte pas cher. Je peux concevoir que les masternodes paresseux deviennent un problème par la suite, si Dash est utilisé par des millions de personnes, ce qui élèverait le coût de fonctionnement des masternodes. C’est cependant une chose que l’équipe de développement peut corriger à l’avenir ; ce n’est en rien un problème paralysant. Au vu de l’efficacité passée de l’équipe de développement et de la capacité de Dash à évoluer, j’ai toute confiance que ça ne devienne jamais un problème significatif.

En conclusion

Je me suis impliqué dans les cryptomonnaies depuis presque quatre ans maintenant, d’abord par Bitcoin puis en me diversifiant dans différentes monnaies alternatives. La création de Satoshi peut changer le monde. Mais ce n’est peut-être pas Bitcoin qui le fera. Je crois en la compétition cryptomonétaire, et j’espère que cette concurrence engendrera une monnaie décentralisée mondiale de qualité. Sur la foi de ce que j’ai vu, je pense aujourd’hui que Dash est la monnaie la mieux armée pour remporter cette compétition. Non pas parce que je la considère parfaite, mais parce que je crois que sa structure lui permet de s’adapter et de s’améliorer avec le temps. Ses forces lui donnent la capacité de surmonter ses faiblesses.

Eric Sammons

Auto-financement, vote et indépendance : à la découverte du “Trésor” de Dash, par Eric Sammons

Eric Sammons, essayiste et développeur, a publié le 30 décembre un article expliquant le fonctionnement et la profonde originalité du système budgétaire de Dash. Ce système, qu’Amanda B. Johnson appelle le “Trésor”, permet à Dash de s’auto-financer et de financer tous les projets utiles à son développement, après vote transparent et infalsifiable des opérateurs du réseau.

Ce texte est le premier d’une série d’articles de fond à être traduit par Dash France, à l’attention des lecteurs francophones. Pour le lire, suivez ce lien !

Le “Trésor” de Dash, un système unique de gouvernance décentralisée

Eric Sammons, essayiste et développeur, a publié le 30 décembre 2016 un article expliquant le fonctionnement et la profonde originalité du système budgétaire de Dash. Ce système, qu’Amanda B. Johnson appelle le “Trésor”, permet à Dash de s’auto-financer et de financer tous les projets utiles à son développement, après vote transparent et infalsifiable des opérateurs du réseau. Ce texte est le premier d’une série d’articles de fond à être traduit par Dash France, à l’attention des lecteurs francophones, avec l’aimable autorisation de l’auteur.


En août 2015, sans grand tapage, la cryptomonnaie Dash lançait le tout premier système fonctionnel de gouvernance décentralisée. Le système budgétaire Dash, ou « SBD », est un moyen d’allouer des fonds, directement issus de la blockchain Dash, à des projets de soutien du réseau Dash. Le SBD est aussi un système de gouvernance, car, comme on dit, « celui qui tient les cordons de la bourse écrit les règles ». Dans le cas de Dash, les cordons de la bourse sont tenus d’une façon complètement décentralisée et ils sont dénoués par la blockchain, sur la base du vote des opérateurs de masternode Dash.

Seize mois ont passé depuis ce jour important ; j’ai pensé qu’il serait utile d’examiner comment le système a fonctionné en pratique depuis lors. Par chance, un des avantages d’un système de gouvernance basé sur une blockchain, c’est que les résultats du vote sont transparents et ouverts au public : tout le monde peut facilement les consulter. J’ai créé un outil pour rendre la consultation encore plus simple, à l’adresse DashVoteTracker.com. Avec cet outil, nous pouvons étudier les propositions des seize derniers mois.

Capture d'écran du site DashVoteTracker.com
Capture d’écran du site DashVoteTracker.com

Au moment de la création du SBD, le dash se négociait autour de 2,60 dollars ; le budget mensuel total moyen (environ 7500 dashs) valait donc à peu près 20 000 dollars. Aujourd’hui, le budget mensuel se monte à plus de 83 000 dollars (au cours du jour, qui est de 11,10 dollars pour 1 dash). Depuis la naissance du SBD, 180 propositions lui ont été soumises, et le système a alloué plus de 109 000 dashs. Le SBD a financé l’équipe de développement, des actions de marketing et l’achat d’un nom de domaine. Il a aussi aidé la communauté Dash à décider de l’orientation générale de la cryptomonnaie.

Penchons-nous sur quelques temps forts, et même sur quelques temps faibles.

Propositions les plus populaires

Quelles ont été les propositions les plus populaires dans l’histoire du SBD ?

Les 10 propositions du SBD les plus populaires
Les 10 propositions du SBD les plus populaires

L’augmentation de la taille de bloc. La proposition la plus populaire dans l’histoire du SBD a eu lieu en janvier 2016, quand Evan Duffield, le créateur de Dash, a proposé au vote une augmentation de la taille de bloc [NDT : mesure technique visant à augmenter la capacité du réseau Dash]. C’est quelque chose de particulièrement remarquable si l’on se souvient du débat plein d’amertume qui secoue la communauté Bitcoin sur le même problème exactement. Les opérateurs de masternode Dash ont exprimé un soutien énorme à cette proposition (qui augmente la taille de bloc à 2 Mo au lieu de 1) : elle a récolté un nombre record de votes “oui” (2129), contre seulement 18 votes “non”.

Le distributeur de boissons Dash N’DrinkLa seconde proposition en termes de popularité, avec plus de 1800 votes positifs, finançait le distributeur de boissons Dash N’Drink. Ce distributeur de boissons, qui accepte instantanément les paiements Dash grâce à la fonctionnalité innovante InstantSend, a été présenté à la Conférence nord-américaine Bitcoin, en janvier 2016. C’est là un exemple d’affectation des fonds du SBD à un projet qui ne dépend pas de l’équipe de développement. Cette proposition a été soumise et gérée par un membre de la communauté Dash, et elle a démontré que les opérateurs de masternode n’hésitaient pas à allouer les fonds de la blockchain à tout projet mettant Dash en valeur. Le distributeur Dash N’Drink a été un succès, et il a contribué à attirer beaucoup de nouveaux membres vers la communauté Dash.

Le salaire de l’équipe de développement. La troisième proposition en termes de popularité est aussi chronologiquement la première, et c’est celle qui a la durée de vie la plus longue : un salaire pour l’équipe de développement Dash. C’est là un moyen pour le protocole Dash de se faire financer par lui-même. Contrairement aux autres cryptomonnaies, qui dépendent soit de partisans bénévoles, soit de financements privés, Dash est véritablement auto-financé.

Propositions les mieux financées

Quelles propositions ont reçu le plus de fonds dans l’histoire du SBD ?

Les 10 propositions du SBD les mieux financées
Les 10 propositions du SBD les mieux financées

Visibilité publique de Dash. La proposition qui a perçu le plus de fonds (en dashs) est la proposition « Visibilité publique de Dash », et elle a été soumise au vote le tout premier jour du SBD. Elle devait courir à l’origine sur 100 paiements mensuels successifs. Elle a été plus tard annulée à la demande de son proposeur (Evan Duffield), mais pas avant d’avoir reçu 9 paiements représentant un total de 19 404 dashs. Cette proposition, aux objectifs trop flous et sollicitant un financement élevé, représente les tout premiers jours du SBD. Par la suite, de telles propositions vastes et “génériques” ont été perçues par les opérateurs de masternode comme une manière inadéquate d’utiliser le SBD avec efficacité. Désormais, l’équipe de développement soumet des propositions sur la base de projets bien mieux définis.

Le salaire de l’équipe de développement. La proposition portant sur le salaire de l’équipe de développement Dash est seconde en termes de fonds perçus. Comme elle est toujours active à ce jour, elle montera bientôt à la première place. Elle a pour l’instant reçu 16 paiements pour un total de 18 816 dashs, et elle est la proposition active la plus populaire. Cette proposition est un signe de la confiance que placent les opérateurs de masternode dans l’équipe de développement Dash. Si cette confiance venait à faiblir, annuler cette proposition serait le moyen de “virer” cette équipe. (Imaginez qu’on puisse virer l’équipe de développement de Bitcoin !)

Dash World. Parmi les vingt propositions les mieux financées, deux seulement ont été soumises par des personnes extérieures à l’équipe de développement. Le paiement le plus important qui ait été versé à une personne non issue de l’équipe de développement (et le sixième paiement en tout) est allé à la proposition de marketing Dash World, qui a reçu 3100 dashs répartis en 4 paiements. Comme nous le verrons, le financement a été jusqu’ici dominé par l’équipe de développement Dash.

Diversité des proposeurs

Proposeurs du SBD
Proposeurs du SBD

Même si les proposeurs issus de l’équipe de développement sont ceux ayant perçu le plus de fonds du SBD (cf. infra), il y a dans le système une certaine diversité de proposeurs. Depuis ses débuts, 55 personnes différentes ont soumis des propositions au SBD, et 27 personnes ont vu leur proposition approuvée. On citera par exemple Amanda B. Johnson pour ses multiples projets de marketing vidéo, ou encore une proposition qui finance de la publicité sur le Crypto Show.

Propositions rejetées

Statut des propositions du SBD
Statut des propositions du SBD

Certains pourraient voir dans le SBD une source de dashs gratuits, mais les chiffres montrent que ce n’en est pas une. Sur l’ensemble des propositions soumises au réseau, 46 (soit 28% des propositions terminées) ont été rejetées par les opérateurs de masternode. La plupart ont été rejetées dès que proposées, mais certaines ont été annulées après une acceptation initiale. Par exemple, en décembre 2015, Evan Duffield a soumis une proposition sur trois mois pour financer une opération de communication par Transform.PR. Elle a d’abord été approuvée, et le premier paiement de 1100 dashs a été dûment versé par la blockchain. Cependant, une controverse est née parmi la communauté Dash quant à la valeur de ce projet, qui a ensuite été annulé avant que le second paiement ne soit versé. Cette situation a démontré l’indépendance des opérateurs de masternode, mais aussi le fait que personne en particulier — pas même le fondateur de Dash — ne tient les cordons de la bourse Dash.

Faiblesses

D’une innovation peuvent naître de grandes avancées dans la façon dont collaborent les êtres humains, mais souvent ces progrès ont aussi leur part de faiblesses ou de points à améliorer. Le système décentralisé qu’est le SBD, fondé sur une blockchain, n’échappe pas à la règle. Quelles sont certaines de ses faiblesses ?

Si l’on regarde les 180 propositions soumises au SBD depuis qu’il existe, 98 l’ont été par deux personnes : Evan Duffield et Ryan Taylor (“Babygiraffe”), “directeur financier” de Dash. Elles constituent l’essentiel des soumissions de l’équipe de développement. Elles représentent 54% de l’ensemble des propositions, mais en vérité le déséquilibre est plus marqué encore : le total des fonds alloués aux propositions de ces deux personnes (plus de 96 000 dashs sur un total de 109 000) représente, de manière stupéfiante, 88% de l’ensemble des fonds Dash alloués depuis que le SBD existe. Bien entendu, ces fonds n’ont pas été attribués à ces deux personnes en tant que telles ; leur vaste majorité a été redistribuée aux divers membres de l’équipe de développement, ou ont servi à payer des vendeurs tiers.

Qu’une part si grande soit affectée à l’équipe de développement, c’est compréhensible dans les premiers temps d’un projet. Quand le SBD a démarré, il n’y avait pas beaucoup de propositions sérieuses soumises par les autres membres de la communauté. Cependant, les proposeurs issus de l’équipe de développement forment encore aujourd’hui la part du lion dans le financement ; par exemple, ce mois-ci, les propositions dues à l’équipe de développement comptent pour 80% de tous les fonds demandés (et, sans doute, elles représenteront une proportion encore plus grande des fonds effectivement alloués). En guise de défense de l’équipe de développement, précisons que ses membres ont l’habitude d’attendre la fin de chaque période mensuelle budgétaire et de solliciter des fonds qui, autrement, seraient perdus pour cette période, par manque d’autres propositions. Cependant, sur le long terme, un écosystème Dash sain devrait allouer des financements à une palette bien plus large de propositions.

Les résultats du vote de la plus populaire des propositions — l’augmentation de la taille de bloc — révèle également une faiblesse. Bien que ce vote ait été ratifié il y a presque un an, la taille de bloc de Dash n’a en réalité pas été augmentée. Selon l’équipe de développement, le volume actuel de transactions est trop bas pour justifier une intervention immédiate. C’est une explication admissible ; cependant cette absence de mise en œuvre nous apprend quelque chose sur le SBD, dès lors qu’il est question de pures décisions de gouvernance. Même si les opérateurs de masternode peuvent voter une modification à apporter au protocole, ils doivent quand même faire suffisamment confiance à l’équipe de développement pour qu’elle la mette en œuvre. Bien sûr, si les opérateurs de masternode étaient contrariés de l’absence de mise en œuvre, ils pourraient toujours “virer” l’équipe de développement en interrompant le versement de leurs salaires.

L’absence de mise en œuvre de l’augmentation de la taille de bloc peut se défendre ; mais on ne peut pas dire la même chose de la proposition qui représente le troisième plus gros versement dans l’histoire du SBD : la proposition d’intégration de Dash aux distributeurs Lamassu. Cette proposition, soumise à l’origine en décembre 2015 sur une durée de douze mois (et qui a tout récemment reçu son dernier paiement), s’est vu allouer 7323,12 dashs, soit plus de 81 000 dollars au cours actuel. La proposition concernait l’intégration de Dash aux distributeurs Lamassu déjà existants, ce qui aurait permis aux utilisateurs de changer rapidement et facilement leur monnaie fiduciaire en dashs (et vice versa). Proposée par Duffield et gérée par Daniel Diaz, “directeur commercial” de Dash, cette proposition a d’abord été très populaire et elle a perçu des fonds, sans interruption, pendant une année entière. Cependant, le projet a souffert de retards et d’une faible communication, et il n’a pas produit de résultat. Beaucoup de membres de la communauté Dash voient dans cette proposition-là un signe des faiblesses de l’actuel SBD, un cas où ont été distribués beaucoup de dashs sans résultats tangibles et sans comptes rendus responsables.

Conclusion

Le système budgétaire Dash est le tout premier système de gouvernance fonctionnel basé sur une blockchain. Au cours de sa brève histoire, il a permis à la cryptomonnaie Dash d’auto-financer une équipe de développement de taille respectable. Il a financé des projets marketing substantiels, parmi lesquels Dash Detailed qui a fait croître la visibilité de Dash. Avec l’augmentation de la taille de bloc, il a même permis à Dash de répondre rapidement à un problème qui ne cesse d’affaiblir Bitcoin depuis des années.

Résoudre les faiblesses du système, telles que révélées dans ses seize premiers mois de fonctionnement : voilà la prochaine étape, cruciale, dans le renforcement de Dash et du SBD. À l’heure actuelle, il n’y a aucun mécanisme qui mette les proposeurs face à leur responsabilité en cas de non-mise en œuvre de leur projet. Ce défaut a été révélé par la proposition sur l’augmentation de la taille de bloc, et par celle sur les distributeurs Lamassu. Même si une proposition peut être annulée à mi-chemin, l’expérience montre qu’il est difficile d’obtenir des opérateurs de masternode qu’ils basculent leur vote en sens contraire, après qu’un projet ait été d’abord approuvé. Quelques pistes pour répondre à ces faiblesses : un mécanisme plus simple pour annuler un projet en cours, des adresses multi-signées pour recevoir les fonds (qui ne seront alors versés qu’à la livraison du projet) et une limitation de la durée des projets.

L’idée d’un système de gouvernance complètement décentralisé, basé sur une blockchain, tenait du rêve il y a encore quelques années, ou bien d’un roman de Philip K. Dick. Dash a pourtant rendu un tel système bien réel, et, en cela, Dash a ouvert un chemin que d’autres peuvent suivre.

Eric Sammons