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Le rêve cryptomonétaire est de retour
Eric Sammons
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Vénézuéla Eric Sammons, qui suit de très près les progrès fulgurants de Dash au Vénézuéla et en Amérique latine, a publié le 31 août 2018 un article expliquant comment cette situation lui redonne confiance dans les cryptomonnaies. Ce texte est traduit une nouvelle fois par Dash France avec l’aimable autorisation de son auteur.


Du point de vue du non-spécialiste, le monde des cryptomonnaies peut apparaître comme une version geek du film Wall Street. Traders crypto obsédés par les fluctuations du cours chaque minute ; nouveaux venus rêvant de Lambos ; conseillers vendus qui essaient de placer leurs monnaies sans valeur à des naïfs : tout ça est au menu, tous les jours. Dans l'ensemble, c'est certain, ça ne donne pas quelque chose de très noble. Pourtant, comme beaucoup des adeptes précoces de Bitcoin, je suis entré au départ dans les cryptomonnaies non pas parce que je rêvais de faire fortune, mais parce que je croyais que la cryptomonnaie pouvait, littéralement, rendre le monde meilleur. Traitez-moi d'idéaliste : je plaide coupable.

À l'époque, la plupart de mes amis ricanaient de mes rêves grandioses. Ici, dans le monde développé où je vis, la plupart des gens tiennent pour acquis que notre situation économique est plus ou moins stable. Si les gens mettent leur argent à la banque, c'est qu'ils ont confiance qu'il y restera, et qu'il vaudra à peu près la même chose au moment du retrait qu'au moment du dépôt. Oui, l'inflation entraîne une dévaluation de leurs fonds, mais, pour la plupart des gens, il s'agit juste d'une gêne lente et légère, plutôt que d'un problème important et véritable. De plus, aucun de nous ne rencontre jamais de vrais soucis lorsque nous achetons des biens et des services avec nos cartes de crédit ou de débit. Les frais et la fraude peuvent parfois causer quelques ennuis, mais, répétons-le, jamais au point que nous en perdions le sommeil. Donc, me demandaient mes amis, pourquoi se préoccuper de cryptomonnaies ? Quel problème règlent-elles vraiment ?

Une solution en quête d'un problème

À l'époque, j'insistais beaucoup sur le supériorité d'une véritable monnaie libre sur les monnaies émises par les États et sur les systèmes bancaires régulés (ou contrôlés) par les mêmes. Bien que je croie qu'elle se vérifie partout, la supériorité de la monnaie libre se voit beaucoup plus clairement dans les pays en voie de développement. Comment cela ? La capacité à acquérir, à épargner et à dépenser de l'argent, dans beaucoup d'endroits du monde, est beaucoup plus difficile que ne peuvent le concevoir la plupart d'entre nous, qui vivons dans les pays développés. Par la faute d'États corrompus qui ne permettent qu'à leurs complices de gagner de l’argent, ou par celle de gouvernements incompétents qui ne cessent de dresser des barrières interdisant toute prospérité, l'individu moyen, dans de nombreux endroits du monde, est dans l’incapacité de se libérer des contraintes économiques placées sur lui.

Bitcoins

C'est là que j'ai vu la cryptomonnaie comme une solution. Il y a des années, je rêvais que Bitcoin serait utilisé un jour dans les magasins, les restaurants et d'autres lieux de commerce, dans tous les pays développés. J'imaginais l'argent circuler librement et à faible coût depuis le monde développé jusqu'au monde en voie de développement, au moyen de virements transfrontaliers simples et bon marché. Je me figurais que les pauvres allaient « devenir leur propre banque » et qu'ils ne verraient plus leur épargne, si durement gagnée, volée par la corruption ou la dévaluation monétaire.

Et pourtant je n'avais aucun exemple à montrer, aucune situation réelle dans laquelle les cryptomonnaies accomplissaient véritablement de telles choses à un niveau significatif. Et, pour être honnête, je croyais que, arrivés à la date qui est aujourd’hui la nôtre, nous aurions au moins constaté des progrès significatifs. Mais ça n'est pas arrivé.

À la place, j'ai été le témoin de guerres incessantes sur Bitcoin et sa fonction. J'ai constaté bien peu de progrès ni d'évolution de Bitcoin comme monnaie utilisable dans le monde réel. J'ai vu une marée d'individus entrer dans les cryptomonnaies, non pas pour changer le monde, mais pour surfer sur la vague et devenir riches en peu de temps. Des souvenirs me sont revenus de l’époque de la bulle des “dot com” quand j'ai vu que tout le monde et son beau-fils lançaient de nouvelles monnaies, et qu'elles atteignaient des capitalisations folles. Bien sûr, les gens sont libres de s'investir pour toutes les raisons qu'ils veulent, mais je dois admettre avoir été déçu et même désenchanté. Mes rêves de changer le monde par les cryptomonnaies prenaient lentement l’eau.

Pourtant, tout récemment, ces rêves se sont mis à revivre, une cryptomonnaie ayant commencé à répondre à un problème du monde réel, un problème qui cherche désespérément une solution.

Un problème en quête de solution

La plupart des gens le savent : les Vénézuéliens ont vécu des situations très compliquées ces dernières années, sous la férule de leur gouvernement. Leur monnaie nationale, le bolívar, s'est désintégrée, et l'hyperinflation l'a rendu à peu près sans valeur. Pour ceux d'entre nous qui vivons dans les pays développés, avec des monnaies relativement stables, un tel scénario est difficile à concevoir. Imaginez que vos économies de toute une vie soient perdues, pas à la manière d'un robinet qui fuit, mais comme un tuyau qui explose, et qui emporte des années de votre travail. Imaginez que vous ignorez combien vos courses du jour vont vous coûter quand vous sortez le matin. Essayez de visualiser que la plus grosse coupure papier de votre monnaie vaille moins de 0,05 dollar. Comment même pourrez-vous transporter assez de monnaie papier jusqu'au kiosque, juste pour acheter un magazine ?

Inflation

C'est exactement le genre de situations auxquelles je croyais, au début, que Bitcoin serait le plus à même d'apporter une solution. Et, par certains côtés, Bitcoin peut aider. Même si beaucoup de gens dans les pays développés considèrent que le cours de Bitcoin est instable, sa valeur est d'ores et déjà bien plus sûre que certaines monnaies, dont le bolívar. C'est pourquoi un Vénézuélien qui détient des bitcoins réduit beaucoup ses risques de tout perdre. Et pourtant, sur de nombreux plans, Bitcoin n'est pas du tout pratique dans un pays comme le Vénézuéla, à cause de ses durées de transaction longues et de ses frais de transaction pouvant atteindre 1 dollar par transaction (ce qui n'est pas rien dans ce pays, où le salaire minimum n'atteint pas 1 dollar par jour). Après tout, on n'a pas seulement besoin d'une monnaie qui conserve sa valeur ; on a aussi besoin d'une monnaie qui peut concrètement remplacer, pour une utilisation quotidienne, le bolívar en faillite.

Dash entre en scène

Dash accepté ici

Pourtant, là où Bitcoin a échoué, une autre cryptomonnaie est apparue pour remplir le vide. Depuis ses débuts, la cryptomonnaie Dash a été conçue comme “argent liquide numérique”, c'est-à-dire pour être utilisée dans les transactions de tous les jours. Cela signifie que ses transactions sont instantanées et ont des frais de transaction médians en-dessous de 0,01 dollar. Ces caractéristiques font de Dash une solution unique pour aider le Vénézuélien moyen à s'affranchir des problèmes du bolívar et à s'assurer une liberté financière. Depuis l'an dernier, plus de vingt équipes vénézuéliennes distinctes, dont beaucoup ont été financées par le système budgétaire Dash, ont lancé une action coordonnée pour présenter Dash à la population vénézuélienne, avec un succès étonnant. Ces actions comprennent des séminaires de formation, un centre d'assistance en direct (le tout premier centre d'assistance d'une cryptomonnaie au monde), un programme d'implication de la jeunesse et une campagne pour l'utilisation par les commerçants, dont un système sur point de vente spécifique. Et leur travail a trouvé un public très attentif. Au début de l'année, moins de 50 commerçants acceptaient Dash au Vénézuéla, mais aujourd'hui ce nombre est de plus de 1000 et continue d'augmenter rapidement.

Commerçants acceptant Dash au Vénézuéla

Ces actions ne font que s'accélérer. Dans la seule semaine écoulée, la sortie au Vénézuéla d'un smartphone à moins de 100 dollars préchargé avec Dash a été annoncée, et les téléphones sont d'ores et déjà disponibles. De plus, une proposition budgétaire pour encourager les virements transfrontaliers avec Dash est en cours d'élaboration, dans le cadre d'une volonté d'augmentation de la liquidité de Dash dans le pays. Le mouvement pour rendre le Vénézuéla Dash-friendly est une action sur tous les fronts — décentralisée sur de nombreuses équipes autonomes — dans le but de créer un véritable écosystème Dash dans le pays. Bien qu'il soit toujours nécessaire de changer des dashs contre des bolívars pour beaucoup de produits et de services, l'objectif n'est rien moins que de faire de Dash la monnaie de facto du Vénézuéla, sans besoin de se servir encore de monnaies d'État telles que le bolívar.

Magasin vénézuélien acceptant Dash

Si cela réussit, alors les Vénézuéliens moyens ne seront plus soumis à l'hyperinflation et à la destruction de leurs économies, puisque Dash, comme la plupart des cryptomonnaies, a une masse monétaire fixe. De plus, remplacer les bolívars par Dash libère le Vénézuélien moyen des structures du système bancaire traditionnel, ce système dans lequel vous ne pouvez parfois même pas retirer l'argent qui vous appartient. Avec un écosystème basé sur Dash, les commerçants et les clients peuvent goûter à la liberté économique, qui mène inéluctablement à la prospérité économique.

Un tel rêve est-il possible ? J'aime penser que oui. Et avec ce qui s'est mis en place cette année pour l'adoption de Dash au Vénézuéla, peut-être que tout se passe sous nos yeux, en ce moment même. À suivre de très près ! Je prédis que Dash sera la monnaie dominante au Vénézuéla d'ici 2021. Si cela arrive, alors mes vieux rêves de changement du monde par la cryptomonnaie seront devenus réalité, au moins dans une certaine partie du monde.

Eric Sammons

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