Avenir de Dash : les cinq points à retenir du communiqué d’Evan Duffield

Dash à Hong-KongEvan Duffield, le fondateur de Dash, a récemment publié depuis Hong Kong un communiqué, premier d’une série sur l’avenir de Dash, traduit ici en français par Dash France. Mais, en quelques mots, que nous apprend ce “communiqué de Hong Kong” ? Eric Sammons, dans un article de Dash Force News paru le 29 juin 2017, en retient cinq points principaux. Voici la traduction de ses réflexions en français.


Le film Braveheart nous montre William Wallace en meneur d’une rébellion écossaise contre les Anglais. Après quelques premiers succès limités, l’aristocratie écossaise finit par se chamailler sur des problèmes de seconde zone, tels que les titres de possession de terres ou les droits de succession. Wallace réunit les nobles écossais et leur déclare qu’il va, tout simplement, envahir l’Angleterre elle-même — une tâche apparemment impossible.

Cette scène m’est revenue à l’esprit à la lecture du “communiqué de Hong Kong” d’Evan Duffield, le fondateur de Dash. Après avoir enregistré quelques petits succès contre le système dominant de monnaie fiduciaire, la communauté Bitcoin, désormais, se chamaille sur des choses comme SegWit, les tailles de bloc de 2 Mo ou le réseau Lightning. Mais Duffield veut « envahir l’Angleterre » et défier tout le système de paiements fiduciaires. Une chose est sûre : on ne peut pas reprocher au fondateur de Dash d’être timide.

Je n’ai pas encore totalement assimilé le communiqué de Hong Kong, mais pour l’heure j’aimerais en souligner cinq points précis :

1. Evan n’est pas parti

« Je dirigerai moi-même notre nouveau bureau à Hong Kong, nommé “Dash Labs”. »

Satoshi Nakamoto a lancé publiquement Bitcoin le 3 janvier 2009. Après y avoir contribué activement pendant presque deux ans, Nakamoto a mystérieusement disparu de la scène et, depuis, n’est plus impliqué dans le projet. Duffield a lancé Dash (appelé XCoin à l’époque) le 18 janvier 2014 et a été fortement impliqué depuis lors — ce qui, à ce jour, fait presque trois ans et demi. Cependant, à l’automne dernier, Duffield avait évoqué sa transition vers un rôle de conseil, plutôt que de garder les fonctions de programmeur en chef. Certains (dont moi) se sont inquiétés qu’il nous fasse un “coup à la Satoshi” et qu’il abandonne entièrement le projet. Le communiqué de Hong Kong apaise cette inquiétude. Duffield reste fortement impliqué dans Dash et il continuera à être son inspiration principale dans tout le futur proche.

2. Un changement d’échelle massif est prévu

« Passage à des blocs ultra-larges : un programme exhaustif pour concevoir du matériel et des logiciels assurant le passage de blocs de 2 Mo jusqu’à une taille de 400 Mo. »

Tout le monde a entendu parler du débat sur la scalabilité de Bitcoin. Tout le monde est fatigué du débat sur la scalabilité de Bitcoin. Pendant que la communauté Bitcoin se déchire sur la façon de doubler la taille de bloc, Duffield annonce que Dash prévoit de multiplier par 400 sa taille de bloc. C’est un changement d’échelle massif de la blockchain elle-même, un changement qui était jusqu’alors inimaginable. Et ce ne sont pas que des grands mots : Duffield note qu’un tel changement réclamera un matériel très puissant et un réseau de masternodes solide (cf. les deux points suivants).

3. Du matériel conçu spécifiquement pour Dash deviendra nécessaire

« Nous prévoyons qu’un tel changement d’échelle exigera que les masternodes tournent sur du matériel spécialisé, construit spécifiquement pour le réseau Dash. »

Il y a trois semaines, j’évoquais dans un article la nécessité de prendre en compte le matériel dans toute discussion sur un changement d’échelle cryptomonétaire. Une des failles du débat sur la scalabilité de Bitcoin est qu’il s’impose à lui-même un handicap en n’envisageant que des solutions logicielles. Duffield a bien identifié ce handicap, et il le refuse. Il annonce clairement que des mises à jour matérielles seront nécessaires pour le programme prévu de changement d’échelle massif. Et il ne s’agira pas simplement d’améliorations matérielles banales : Duffield prévoit plutôt de concevoir du matériel spécifiquement taillé pour Dash, qui sera configuré pour le type de tâches informatiques dont le réseau Dash aura besoin. Bien sûr, l’évocation d’un tel matériel peut susciter des craintes de centralisation, mais c’est un point auquel Duffield répond également : ce matériel sera conçu en open source par l’équipe de développement Dash, et n’importe qui pourra le construire et s’en servir.

4. Les masternodes devront se mettre à niveau

« Notre programme s’appuie fortement sur des concepts de masternode tels que le cautionnement, les actions basées sur quorum et notre réseau optimisé à deux niveaux. »

Jusqu’ici, la propriété d’un masternode était relativement simple. Quiconque disposant d’une caution de 1000 dashs et des connaissances requises pour monter un serveur peut, en général, gérer un masternode au jour le jour sans trop de soucis. Cette époque sera bientôt révolue. Le programme de Duffield, celui d’un changement d’échelle massif de Dash, dépend fortement du réseau de masternodes, ce qui signifie que ce dernier aura la charge de traiter des millions de transactions et d’opérer les autres services que nécessite un réseau mondial de paiement. Les opérateurs devront acquérir du matériel spécialisé, l’héberger, le garder autant à jour qu’ils le font déjà pour le logiciel Dash Core, mais aussi participer au système budgétaire Dash, qui comportera sans doute des budgets mensuels de plusieurs millions de dollars. En toute vraisemblance, être propriétaire de masternode sera bientôt un emploi à temps plein.

5. Rien ne sert de courir, il faut partir à point

Le lièvre et la tortue« N’ayant pas de motivations de profit à court terme, nous ne devons pas mettre de manière précipitée un produit inachevé sur le marché. »

Avec l’explosion du marché cryptomonétaire cette année, beaucoup de voix se sont élevées pour enjoindre Dash de « prendre sa part du gâteau », c’est-à-dire de se faire fortement connaître en tant que placement, de telle façon que le cours continue à monter. Duffield rejette cette idée. À la place, il propose que Dash vise le long terme : au lieu de saisir seulement des bénéfices de court terme, Dash doit toujours s’efforcer de remplacer durablement le système mondial de paiements fiduciaires. Y parvenir demandera du temps, et Dash ne doit pas se précipiter dans le seul but de respecter des contraintes temporelles auto-imposées. Dash doit plutôt travailler à préparer son réseau à un changement d’échelle massif et à une reconnaissance mondiale. Si Dash réussit, les inquiétudes de savoir si le cours pourrait grimper de 10 voire de 1000 dollars paraîtront rétrospectivement ridicules.

Les projets couronnés de succès exigent une direction vigoureuse, ambitieuse et cohérente. Avec son “communiqué de Hong Kong” très offensif, Evan Duffield met Dash en situation de conquérir le système mondial de paiements fiduciaires.

Eric Sammons

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